Réunis au sein de la commission Santé de l’AMF le 22 juin dernier, les maires ont alerté sur les fermetures totales ou partielles des services hospitaliers, en particulier ceux des urgences, qui se multiplient sur l’ensemble du territoire national (120 au niveau national).

Soucieux qu’une offre de santé de qualité soit proposée en proximité à l’ensemble des citoyens, ils s’inquiètent des difficultés d’accès aux soins pour la population et demandent la mise en œuvre à la fois de solutions immédiates face aux risques de rupture pendant la période de l’été mais aussi de solutions de long terme en repensant notre système de santé.

Considérant le rôle central des maires en matière de santé et leur très grande implication pendant la crise sanitaire, l’AMF a fait part ce jour de ses propositions au représentant de la mission flash confiée par le Président de la République au président de SAMU-Urgences de France, dont les conclusions sont attendues pour le début du mois de juillet.

Elle rappelle l’importance du maintien d’un maillage des hôpitaux locaux qui participent très efficacement au suivi des populations et stabilise l’exercice médical, en particulier dans les zones rurales. A cette fin, l’avis des maires doit être requis et concerté avant toute fermeture de service hospitalier public, grâce notamment au renforcement de leur place au sein de la gouvernance des hôpitaux.

La situation dramatique des services d’urgences ne peut pas être décorrélée de celle de la permanence des soins en ville, en particulier des soins non programmés, dont l’organisation peut permettre un accès universel à des soins de qualité et en proximité pour l’ensemble de la population, sur tout le territoire.

Une réflexion plus large doit être engagée avec l’ensemble des acteurs afin de rétablir la permanence des soins en ville, en particulier pour les soins non programmés, et de partager les obligations liées à celle-ci avec un nombre plus important de professionnels de santé tout en déchargeant les médecins de certaines tâches administratives pour dégager du temps médical.

Le président de l’AMF, David Lisnard, précise enfin que « le temps est venu d’oser une plus forte territorialisation des politiques de santé, au plus près des besoins des citoyens, de renforcer et reconnaitre l’échelon de proximité pour mieux coordonner l’hôpital public et privé, la médecine de ville, le médico-social et le social ».