Face à l’augmentation préoccupante des violences sexistes et sexuelles dans les transports en commun, l’Union des transports publics (UTP) publie une version actualisée de son guide dédié à la prévention et à la lutte contre ces comportements. Destiné notamment aux autorités organisatrices de la mobilité (AOM), ce document propose des solutions concrètes et inspirées du terrain pour renforcer la sécurité des usagers.
Une problématique en forte hausse
Les chiffres témoignent d’une réalité alarmante : en 2024, 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun ont été recensées, soit une hausse de 6 % par rapport à 2023 et de 86 % depuis 2016. Les femmes représentent 91 % des victimes, dont une majorité de jeunes : 75 % ont moins de 30 ans et plus d’un tiers sont mineures.
Dans le même temps, le secteur des transports publics poursuit sa féminisation, avec 11 700 femmes employées dans les réseaux urbains, soit environ 20 % des effectifs, principalement dans les métiers de conduite. Dans ce contexte, garantir la sécurité dans les transports apparaît comme un enjeu majeur, à la fois pour les usagers et pour les professionnels.
Un guide fondé sur des pratiques concrètes
Ce nouveau guide s’inscrit dans la continuité d’une première publication diffusée en 2023. Il met en avant des « pratiques issues du terrain » et s’articule autour de trois axes principaux : la sensibilisation, la réaction et la formation.
L’UTP rappelle que les transports doivent rester des espaces de confiance, où chacun peut se déplacer librement et en toute sécurité. Pour atteindre cet objectif, la mobilisation de l’ensemble des acteurs est indispensable : opérateurs, AOM, associations et pouvoirs publics.
Sensibiliser largement, notamment les plus jeunes
Le guide propose de nombreuses actions de sensibilisation à destination du grand public : campagnes d’information, actions de terrain ou encore participation à des journées thématiques.
Plusieurs collectivités, comme Lille, Lyon ou Toulouse, sont citées en exemple pour leurs initiatives.
L’UTP insiste également sur la sensibilisation des plus jeunes, afin de leur permettre d’identifier les comportements à risque et de mieux connaître les dispositifs d’alerte.
Réagir efficacement grâce à des dispositifs adaptés
Le guide détaille les outils permettant aux usagers de signaler une situation ou de demander de l’aide : bornes d’appel d’urgence, présence d’agents, numéros dédiés ou encore dispositifs embarqués.
Parmi les initiatives innovantes, la « descente à la demande » se développe dans plusieurs territoires. Elle permet aux passagers de bus de descendre entre deux arrêts afin de se rapprocher de leur destination et de réduire les situations d’insécurité, notamment en soirée.
Autre exemple : les marches exploratoires, qui consistent à faire parcourir un quartier par des groupes de femmes afin d’identifier les zones perçues comme dangereuses et proposer des améliorations concrètes.
Le guide met également en avant le dispositif Angela, fondé sur un principe simple : une personne en difficulté peut demander « Où est Angela ? » pour signaler discrètement une situation d’insécurité et obtenir de l’aide. Ce dispositif peut être déployé dans les bus, stations, agences commerciales ou espaces d’accueil.
Enfin, l’UTP souligne l’importance de la formation des personnels en contact avec le public. Accueillir la parole des victimes, réagir de manière adaptée et orienter vers les dispositifs compétents sont des compétences essentielles.
