À l’occasion du salon de l’économie circulaire REuse Economy Expo, le Président de la République a annoncé le 19 mai 2026, la mise en place d’un système de consigne pour recyclage des bouteilles en plastique à l’horizon 2029. Une annonce qui suscite une vive opposition des associations nationales d’élus locaux, parmi lesquelles l’Association des Maires de France (AMF), Intercommunalités de France et France urbaine.
Dans un communiqué conjoint publié le 19 mai 2026, les représentants des collectivités dénoncent un projet qualifié de « fausse consigne », jugé à la fois inefficace sur le plan environnemental et pénalisant pour le service public local de gestion des déchets.
Les collectivités rappellent leur engagement en faveur du recyclage
Les collectivités locales rappellent qu’elles sont pleinement mobilisées depuis plusieurs années pour améliorer la collecte et le recyclage des déchets ménagers. Partout sur le territoire, les communes et intercommunalités investissent dans le tri sélectif, modernisent les équipements et développent des actions de sensibilisation auprès des habitants.
Les associations d’élus soulignent également que les collectivités ne peuvent être tenues pour responsables des résultats actuels en matière de recyclage des bouteilles plastiques. Selon elles, l’absence d’actions fortes de l’État ainsi que le manque d’engagement des industriels de l’eau et des sodas ont freiné les progrès nécessaires.
Dès 2023, les associations d’élus avaient pourtant formulé un plan alternatif composé de 14 propositions concrètes visant à atteindre les objectifs de recyclage tout en réduisant durablement la pollution plastique.
Une mesure jugée contradictoire avec les objectifs de réduction du plastique
Pour les collectivités, cette consigne pour recyclage risque surtout d’encourager le maintien, voire l’augmentation, de la consommation de bouteilles en plastique, alors même que la loi AGEC fixe des objectifs ambitieux de réduction des emballages à usage unique.
Les élus dénoncent un système qui pourrait principalement bénéficier aux grands groupes producteurs de boissons, en leur permettant de récupérer une importante manne financière issue des bouteilles consignées, sans réelle garantie d’amélioration des performances environnementales.
Les associations rappellent que la priorité devrait être donnée à la réduction des déchets à la source, au développement du réemploi et à l’amélioration du tri sur l’ensemble des emballages, plutôt qu’à un dispositif centré uniquement sur les bouteilles plastiques.
Un plan alternatif porté par les collectivités depuis 2023
Dans leur document de propositions publié en avril 2023, les associations d’élus défendaient plusieurs mesures structurantes pour améliorer durablement la gestion des déchets plastiques.
Parmi les principales propositions figuraient notamment :
- Le développement massif de la consommation d’eau du robinet ;
- Le déploiement de fontaines à eau dans les espaces publics ;
- Le soutien au réemploi et aux bouteilles réutilisables ;
- L’extension du tri « partout et pour tous »
- Le renforcement des campagnes nationales de sensibilisation
- ou encore la lutte contre les dépôts sauvages et les déchets abandonnés.
Les collectivités estimaient également nécessaire de renforcer les obligations des éco-organismes et de mieux accompagner financièrement les territoires dans leurs investissements liés au tri et au recyclage.
Une absence de concertation dénoncée par les élus
Au-delà du fond du projet, les associations nationales d’élus regrettent une nouvelle fois l’absence de concertation avec les collectivités territoriales, pourtant en première ligne dans la gestion des déchets du quotidien.
Les représentants des collectivités indiquent rester pleinement mobilisés contre ce projet et annoncent qu’ils réagiront à la hauteur des futures décisions gouvernementales.
