Afin de redynamiser les jumelages entre collectivités françaises et étrangères, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères vient de lancer un nouveau fonds de soutien destiné prioritairement aux communes de moins de 10 000 habitants. Ce dispositif vise à répondre aux difficultés rencontrées par de nombreux comités de jumelage, confrontés à un vieillissement de leurs bénévoles, à un manque de moyens et à une baisse de la participation des jeunes générations.
Des jumelages au cœur des échanges entre territoires
Nés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les jumelages ont longtemps constitué un outil privilégié de rapprochement entre les peuples européens, notamment entre la France et l’Allemagne.
Aujourd’hui, plus de 4 300 communes françaises entretiennent un partenariat avec une collectivité étrangère, dont près de 80 % comptent moins de 10 000 habitants. Au fil des décennies, ces coopérations se sont élargies à de nombreux domaines : échanges scolaires, projets culturels, manifestations sportives, coopération associative ou encore initiatives citoyennes.
Malgré cette richesse, de nombreuses communes rencontrent désormais des difficultés pour faire vivre ces partenariats historiques.
Un dispositif pour soutenir la relance des jumelages
Face à ce constat, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a créé un fonds de soutien spécifiquement destiné aux petites communes. L’objectif est de favoriser le renouvellement des échanges internationaux et d’accompagner financièrement des projets concrets portés par les collectivités et leurs partenaires.
Le fonds s’articule autour de deux axes principaux : la mobilité des jeunes et les projets intergénérationnels.
- Favoriser la mobilité de la jeunesse
Le premier volet du dispositif soutient les projets impliquant des jeunes âgés de 3 à 30 ans dans le cadre d’échanges entre communes jumelées. Sont notamment éligibles : les rencontres scolaires et périscolaires ; les échanges associatifs ou professionnels ; les ateliers culturels et artistiques ; les chantiers collectifs ; les projets audiovisuels ; les échanges citoyens autour du fonctionnement des institutions locales et les rencontres sportives.
Le fonds finance principalement les déplacements des groupes français vers leur commune partenaire, mais peut également soutenir l’accueil de délégations étrangères en France.
À noter que les échanges bilatéraux avec l’Allemagne ne sont pas concernés par ce dispositif, ceux-ci bénéficiant déjà des financements de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ). Les projets multilatéraux intégrant l’Allemagne restent toutefois éligibles.
- Encourager les projets intergénérationnels
Le second volet vise à soutenir des projets réunissant plusieurs générations autour d’une action commune menée avec la collectivité partenaire.
Ces initiatives peuvent notamment prendre la forme d’échanges de pratiques entre agents municipaux ; de rencontres entre enseignants ou acteurs associatifs ; de séminaires de coopération entre services municipaux ; de projets mémoriels ; d’actions citoyennes ou solidaires et d’événements culturels communs.
Le projet doit présenter un intérêt partagé pour les deux territoires et produire des retombées concrètes pour les participants.
Quelles communes peuvent bénéficier du fonds ?
Le dispositif s’adresse prioritairement aux communes de moins de 10 000 habitants ainsi qu’aux collectivités ultramarines. Pour être éligible, la commune doit disposer d’un partenariat formalisé avec une collectivité étrangère ou être engagée dans une démarche de création de jumelage. Les accords d’amitié, conventions de coopération ou traités de jumelage sont notamment reconnus dans le cadre du dispositif.
Le fonds peut financer une grande partie des dépenses directement liées au projet : frais de transport ; hébergement et restauration ; organisation des activités ; assurances ; visas ; vaccinations obligatoires et les dépenses facilitant la participation de publics éloignés ou ayant moins d’opportunités.
En revanche, les dépenses de fonctionnement courant, les rémunérations permanentes, les investissements lourds ou encore les activités à caractère lucratif sont exclus du dispositif.
Le montant maximal de la subvention est fixé à 5 000 euros par projet, porté à 7 000 euros pour les communes d’outre-mer. Une participation financière de la commune est toutefois exigée, sous forme de contribution financière directe ou de valorisation de moyens mis à disposition.
Les communes peuvent déposer leur dossier directement en ligne via la plateforme : Démarches Numériques
Pour l’année 2026, deux périodes de candidature sont prévues :
- du 1er juin au 15 septembre 2026, avec une annonce des résultats le 30 septembre 2026 ;
- du 30 septembre 2026 au 31 janvier 2027, avec une publication des résultats au premier trimestre 2027.
Les collectivités intéressées doivent être particulièrement vigilantes : aucun projet ne peut débuter avant la notification officielle des résultats.
Dans un contexte où les jumelages constituent souvent l’un des premiers outils d’ouverture européenne et internationale pour les habitants des petites communes, ce nouveau fonds représente une opportunité de relancer des échanges parfois en sommeil et de favoriser l’implication des jeunes générations.
